Qu’est-ce qui cloche au SUA ?

Briatte Abadie Stade Rochelais Agen

Encore une fois inoffensif, le SUA qui venait pourtant de lancer sa “guerre du point” a explosé en vol à La Rochelle. Vaillante en 1ère mi-temps malgré de gros errements défensifs sur le 1er essai rochelais (5 plaquages manqués sur 2 temps de jeu), l’équipe a fini par complètement craquer et lâcher prise durant le second acte. Une image qui ne colle clairement pas avec un groupe qui devrait jouer tous les matchs le couteau entre les dents.

Défensivement, il y a beaucoup à dire avec 4 véritables cadeaux offerts aux rochelais (seulement 9e avant ce match) sur leurs 6 essais inscrits : le 1er essai donc avec un superbe air défense collectif (ceci même si c’était sur Vito et Botia), le 3e essai avec un ballon échappé au sol par Dylan Hayes sur nos 5 mètres, le 4e essai avec Benito Masilevu qui rate son plaquage sur Vincent Rattez alors qu’il n’y avait pas de surnombre, et enfin le 6e essai où Giorgi Tetrashvili se fait arracher le ballon au contact sur nos 22m.

Mais paradoxalement, c’est offensivement que le SUA inquiète depuis de nombreuses semaines. Incapable de perturber collectivement les défenses adverses, Agen ne possède pas non plus les fameux facteurs X capables de casser des lignes et de gagner des duels en 1 contre 1. Hier, Agen a été gavé de munitions et a dominé La Rochelle en conquête avec notamment une superbe moisson en touche. Et pourtant, jamais l’équipe n’a été dangereuse. Peu de lancements de jeu vraiment travaillés et incisifs, des choix douteux de la charnière, des attaques trop faciles à lire et sans vrai fil rouge, des joueurs qui écartent au large sans véritable stratégie. Mais que se passe-t-il ?

Sportivement, le SUA est très mal en point, mais pire que ça, cela fait 1 gros mois qu’on s’ennuie à regarder jouer notre équipe. Le début de saison était pourtant très intéressant et nous étions sur le podium des équipes qui marquions le plus d’essais (certes durant les doublons Coupe du Monde). Bon sang, qu’avons-nous à perdre dans ce Top14 où nous disposons de très loin du plus petit budget et de la plus petite masse salariale ? La pression ne doit pas être sur nous mais plutôt sur des équipes comme le Stade Français, Pau et Castres qui doivent assumer de gros investissements et qui ont bien plus à perdre que nous.

Alors si j’ai bien un modeste conseille à donner aux joueurs, c’est : amusez-vous, faites vous plaisir ! Ici c’est Agen, le beau jeu c’est notre ADN. Et si descente il doit y avoir en fin de saison, quelle tristesse serait-ce si en plus nous n’avions pas passé un bon moment en terme de spectacle en Top14.

Les 2e mi-temps en question

Depuis la fin de la Coupe du Monde et le retour des internationaux, Agen est une équipe de 1ère mi-temps. Souvent en tête à la pause ou au coude à coude, nous décrochons systématiquement lors du second acte. Alors, quel est le soucis ? Physique ? Qualité du banc banc ? Discours du staff à la mi-temps ? Problème mental ?

Agen n’a marqué que 3 essais lors des 4 derniers matchs (dont un essai gag non construit inscrit à Clermont) pour 13 essais encaissés. Pire, sur 3 des 4 derniers matchs, nous n’avons marqué aucun point en 2nde mi-temps. Jugez par vous-même :

Les scores en 1ère mi-temps

Bordeaux-Agen 6-0
Clermont-Agen 13-13
Agen-Toulouse 8-6
La Rochelle-Agen 14-3

Les scores en 2e mi-temps

Bordeaux-Agen 17-0
Clermont-Agen 17-0
Agen-Toulouse 0-7
La Rochelle-Agen 26-5

Le staff va devoir trouver des solutions

2020 est donc une année où nous allons pouvoir jauger des qualités de management et de meneur d’homme de Christophe Laussucq. Plutôt apprécié en début de saison, avec une équipe dynamique et joueuse, les critiques se font de plus en plus nombreuses sur l’ancien montois. Ses dernières sorties où il pointe du doigt ouvertement certains joueurs tranchent clairement avec le management protecteur de Mauricio Reggiardo qui préférait prendre pour lui et déclarer à chaque déroute “c’est ma faute c’est moi qui met les joueurs sur le terrain” (lire avec l’accent argentin). Son positionnement en tribune et non en bord de terrain fait aussi beaucoup jaser sans que l’on sache si cela peut avoir un impact ou pas sur l’équipe.

Agen ne trouve plus la clé et on ne sent pas de progression depuis plusieurs matchs, que ce soit sur terrain sec ou mouillé. Si les joueurs continuent d’affirmer que le groupe vit bien et qu’il y a une bonne ambiance, une nouvelle défaite à domicile face au LOU pourrait allumer la poudre. Il est bien connu qu’un groupe vit bien avant tout dans les victoires. Et le SUA ne compte que 3 victoires en 19 matchs depuis le début de saison (12 matchs de Top14, 4 de Coupe Mickey et 3 matchs amicaux).

Quid de la qualité individuelle ?

Le staff va devoir aussi faire des choix francs sur certaines lignes. Si devant, le SUA tient largement la baraque face à toutes les équipes (même si on ressent l’absence d’un joueur comme Vincent Farré) avec des remplaçants qui semblent à la hauteur des titulaires, c’est derrière qu’il va vite falloir trouver des solutions.

La charnière est balbutiante, notre centres sont inoffensifs peu importe la paire associée, et nos ailiers ne font aucune différence, même si Taulagi semble être le joueur le plus fiable en faisant souvent jouer après contact. Derrière, les options Tolot, Saurs ou Lamoulie n’ont convaincu personne cette saison, même si on pensait que Valentin Saurs allait s’y installer plus durablement après un match plutôt convaincant face à Montpellier et à Castres.

En 12 matchs de Top14, le staff a utilisé 6 charnières, 4 paires de centres, et 6 paires d’ailiers différents, preuve qu’on ne sent pas un ligne d’attaque titulaire clairement se détacher. A noter que Paul Abadie était titulaire lors des 3 victoires du SUA cette saison, tout comme Nathan Decron au centre. La charnière Abadie Berdeu a été la plus utilisée (4), juste devant la paire Abadie Lagarde (3). Au centre, c’est la paire Sadie Decron qui a la côte (5) devant la paire Vaka Decron (4). Sur les ailes, Taulagi et Masilevu ont été alignés 4 fois ensemble (1 seule victoire contre Montpellier).

On sent clairement le staff tâtonner et manquer de solutions. Pourtant, Jean-François Fonteneau a annoncé dans le journal Sud Ouest la recrue d’un 2e ligne sud africain et d’un pilier fidjien. Assez incompréhensible alors que notre faiblesse semble clairement se situer derrière et que nous sommes équipés à ces postes (Murday, Zafra, Motoc, Phillips en 2e ligne ; Ryan, Desmaison, Tufele, Chabeaudie et Burin en pilier droit).

Personnellement je sens surtout le groupe en manque de joueurs à l’aura internationale, le genres de papa qui font progresser toute une équipe par leur seule présence rassurante (Etzebeth à Toulon en est le parfait exemple). En perdant des joueurs d’expérience comme Januarie et Montès, le SUA a peut être oublié de compenser en allant chercher ce genre de joueurs ayant gagné des titres et/ou qui ont une vrai influence sportive sur un groupe. Bayonne a Census Johnston et Djibril Camara, Brive a Alex Dunbar. Côté révélations derrière, il n’y en a pas côté agenais, Bayonne a vu exploser Peyo Muscarditz et Brive est porté par Julien Blanc et Alex Muller. Ce n’est certainement pas anodin.

Agen est une équipe de printemps. Et avant l’arrivée du LOU à Armandie dans quelques jours, on peut toujours se rassurer en se rappelant que les 2 qu’en 2017, nous étions allés gagner chez le champion en titre Castres après 5 défaites et un nul consécutifs, puis en 2018, nous avions terrassé Toulon puis le LOU alors que personne ne nous attendait.

Une chose est certaine, le SUA aura encore plus besoin de ses supporters. Allez Agen !

Crédit photo : Xavier Leoty – Midi Olympique

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